[Bikepacking] Pan de Azucar

Je me suis mis au VTT il y a 3 ans, pour pouvoir partir avec un pote en Norvège faire du bikepacking (en gros, voyager en autonomie avec son vélo et sa tente). L’année suivante nous sommes partis en Islande, et cette année nous avons fait la grêce. Suite à un accident en snowboard l’année dernière, je ne peux toujours pas remonter sur une board et j’ai donc décidé d’aller voir un ami au Chili et d’en profiter pour visiter un peu ce magnifique pays en vélo!

Arrivée à Santiago mi-Novembre, je passe d’abord le weekend chez mon pote à Santo Domingo, au bord de la mer. J’en profite pour remonter le vélo et preparer un peu mon itinéraire, ayant organizer ce voyage au dernier moment. Lors d’une petite sortie pour tester le vélo je me rends compte qu’il y a un problème au niveau du pédalier et je ferai changer les roulements à Santiago le Lundi (J’aurai pu les changer moi-même, mais le prix de la main d’oeuvre est ridicule – 40 euros avec le jeu de roulement inclus!).

Ma première destination est le parc National de Pan de Azucar au sud-ouest du désert de l’Atacama. On y accède en prenant un bus depuis Santiago jusqu’à Chañaral. J’ai eu de la chance au terminal de bus de Santiago de rencontrer un rider local qui revenait d’une course de DH avec son vélo et qui m’a aidé à comprendre le système de bus. Prendre son vélo avec soit au Chili sur les trajets en bus n’est pas toujours simple. Mieux vaut voyager avec Turbus qu’avec Pullman, et tu dois donner un pourboire au bagagiste qui varie fortement ($5000 à $1000 généralement) pour qu’il charge ton vélo dans la soute, en espérant qu’il arrive en un seul morceau. Les bus sont relativement confortables et j’arrive à Chañaral le Mardi matin. Le temps de réorganiser les affaires sur le vélo, de trouver un endroit ou prendre le petit déjeuner et acheter quelques vivre de dernière minutes et je commence à pédaler sur la route vers le Désert.

La route longe le bord de mer, la vue est superbe, de grandes plages de sable blanc d’un côté et un terrain désertique accidenté de l’autre. Très peu de circulation le Mardi, peu d’habitations – quelques campings ou micro villages, quelques lieux religieux, mais c’est à peu près tout pendant les 35 kilomètres de trajet jusqu’à Catela, dernier petit village avant l’entrée dans le vif du sujet.

Le garde à l’entrée du parc est sympathique, même si l’échange est un peu difficile car mon espagnol est plutôt limité et son anglais inexistant. Il me confirme cependant ce que j’avais pu déterminer de mes recherches sur les endroits praticables à vélo. Je lui demande de plus ou il est possible de manger quelque chose et de refaire le plein d’eau. Il m’indique que cela sera possible à Catela qui se trouve à quelques minutes de vélo de là. 3 restaurants et quelques cabanes, je pioche donc un des restaurants au hasard et je leur dit de me servir ce qu’il veule (j’ai mis de côté le régime végétarien pour les vacances, pour question de simplicité…) et je me retrouve avec du poisson frais fris. Je commande des bouteilles d’eau histoire de refaire le stock avant de partir dans le désert – je ne prévois pas de rester longtemps mais manquer d’eau est toujours un peu ma hantise !

L’après-midi est déjà bien entamé quand je reprends la route. Celle-ci sillonne légèrement au fond une vallée en légère montée, et la chaleur se fait sentir dès que je suis protégé du vent. Alors que jusqu’à présent le vent en bord de mer permettait de ne pas ressentir les 30° aux thermomètre, la température en cette fin de journée devient plus difficile à surmonter. Je m’aiguille tout d’abord vers Las Lomitas. En sortant de la route goudronnée, il devient un peu plus difficile de pédaler, bien que le sable sur la route soit compacte, la succession de vaguelettes sur la route rend le pédalage très difficile, et comme je m’en rendrai compte plus tard, c’est un faux plats puisque je passe de 0 a 800 mètres dans l’après-midi !

Arrivé à l’entrée de la zone Las Lomitas, il est environ 18h00 et je me rends compte que l’accès n’est normalement que jusqu’à 14h00…. Mais comme il n’y a pas ombre qui vive à l’horizon et que je me suis tapé le chemin je décide d’y aller quand même. Le soleil descend lentement à l’horizon pendant que je pédale et que le paysage présente de moins en moins de relief. J’arrive au bout du plateau pour le coucher du soleil, cependant avec la chute de température le brouillard se lève et je ne vois qu’une mer de brume et non la mer qui est 800 mètres plus bas. J’apprécie la vue pendant que le brouillard se lève et je dois chercher un endroit ou poser la tente un peu en urgence, car la visibilité devient très faible. Je choisi un endroit proche de la route dénué de végétation pour ne pas abimer le parc, il est normalement interdit de camper, mais le bivouac d’urgence devrait passer. Je me réveille deux ou trois fois dans la nuit pour voir s’il y a moyen de faire une photo du ciel mais trop de brouillard, on ne voit rien.

Je me réveille avant le lever du soleil après quelques heures de sommeil et je remballe tout rapidement histoire de ne pas avoir de problème et je vais profiter de la vue et du lever de soleil. La vue est vraiment magnifique ! Point intéressant, la tente au réveille était trempée, à cause de la condensation. Il y a un piège à humidités et je peux voir la quantité phénoménale d’eau récupérées dans le désert ! J’ai pu voir de mes yeux ce que je n’avais que seulement pu imaginer à la lecture des romans Dune !

Je redescend pas le même chemin, pas très technique mais c’est en pente douce et rider sur le sable donne un petit effet surfy pas très désagréable, surtout quand on prend de la vitesse ! Je tombe nez à nez avec un Guanaco sur la descente mais il déguerpit rapidement, j’en verrai de plus près plus tard dans la journée. Retour sur la route et je prends le chemin inverse pour accéder à El Mirador. Petite pause déjeuner avant la deuxième ascension et je me retrouve à pédaler de nouveau en montée sur du sable, que du bonheur !

Ce mirador est un peu moins élevé que Las Lomitas, mais il permet d’avoir un point de vue très différent et appréciable. En étudiant plus en détail je découvre un chemin qui permet de rejoindre le Mirador Chico que je vois au loin. Enfin un vrai sentier, cela fait plaisir ! Je ride à la descente, je pousse à la montée, et depuis ce nouveau mirador je peux descendre directement jusqu’à Catela. Superbe!

Une fois arrivé à Caleta je retourne manger du poisson au même restaurant (pour une raison obscure les prix on augmentés pendant la nuit….) avant de reprendre la route pour Chañaral puis le bus pour rentrer à Santiago.

Vidéo de la descente:

Texte, photos et vidéos: Alexis Buquet

Et bien, j’en reste sans voix, l’histoire est sympa, les photos jolies et la vidéo pour finir, je kiffe! Le cadre, on en parle pas hein ! Et le genou il a tenu? car ça secoue légèrement la descente et les efforts pour la montée.
Merci pour ce report

+1 avec CamHk, super report et cela donne bien envie, il va falloir que je m’y mettes au VTT !!!
Le Chili doit être aussi sympa été que hiver, par contre pas habla Espagnol !!!

Wahou c’est impressionnant, superbe, … pas de mots pour décrire

Il faut une sacré dose de cuorage pour se lancer dans un trip comma ca